Il était 21h30 et l’homme que croyait attendre Juano, moi bien sûr, un dénommé Franck Simon avait besoin de se faire refaire le nez en urgence. J’étais son dernier rendez-vous. Le tout dernier…
Avec lui, je m’étais décidé à m’autoriser un peu de fantaisie et je dois avouer que j’avais très envie de m’essayer à la chirurgie esthétique.
La porte s’est ouverte sur un homme nonchalant d’une cinquantaine d’année bien prononcée, un verre de whisky à la main et me pressant d’entrer. J’ai apprécié le moment qui a suivi et qui m’a permis d’injecter par surprise une bonne dose de valium à cet imbécile. Ses mains occupées à m’ôter mon faux bandage, il n’a rien vu venir.
Ensuite je l’ai allongé sur ce qui devait faire office de table d’opération mais qui me faisait plus penser à une table qu’on trouve chez un vétérinaire. Je l’ai attaché, jambes et bras avec des cordes entourées de papier plastifié pour ne laisser aucune trace.
Puis le réveil, ce moment qui m’agace prodigieusement, avec toutes ces questions qui attendent des réponses pourtant tellement évidentes. Pourquoi moi ? Peut-être parce que tu as tué des innocentes et que tu vas continuer si je te détache. Je vous en supplie…Et celles qui ne sont même plus là pour supplier ? A-t-il un seul remord ? Si ce n’est celui de s’être fait prendre…Ce n’est plus mon affaire, son destin est scellé.
J’ai scotché sa bouche…pour ne pas entendre ses hurlements. Oui, je sais, j’aurai pu être plus cruel et lui coudre les lèvres mais c’est un peu cliché comme idée non ?! J’ai incisé le haut de son front puis tiré sa peau avec une aisance qui m’étonnait mais comme je n’avais aucune envie de le recoudre, je me suis arrêté là. Rien de tel qu’une bonne petite liposuccion du ventre pour se refaire une ligne. Le matériel était là, je n’avais plus qu’à plonger l’extrémité de ce subtile aspirateur dans ce gras dégoulinant de sueur…Ce que j’ai fait…sans l’arrêter…
Juanito, en revanche, s’est arrêté de gesticuler peu de temps après…
Je l’ai détaché, j’ai pris son agenda pour le bruler plus tard et je suis partit. Aucune traces. Les enquêteurs auront déjà bien à faire avec tout le sang que Juano a du faire couler ici.
Bonne nuit Docteur.